La sélection naturelle n'est pas le seul mécanisme qui modifie le patrimoine génétique d'une population au fil du temps. La dérive génétique, le pur hasard qui détermine quels individus survivent et se reproduisent à une génération donnée, peut faire varier les fréquences alléliques d'une population sans aucun rapport avec la valeur sélective, et le flux génique, des individus se déplaçant entre populations distinctes et se reproduisant entre eux, peut introduire ou éliminer de la variation génétique, que cette variation aide ou non réellement quelqu'un à survivre.
La dérive génétique est plus forte, et plus lourde de conséquences, dans les petites populations
La dérive génétique est un effet d'échantillonnage aléatoire : par pur hasard, certains individus survivent et se reproduisent tandis que d'autres non, indépendamment de tout avantage génétique, et cet échantillonnage aléatoire fait varier les fréquences alléliques d'une population au fil des générations d'une manière qui n'a rien à voir avec le fait que tel ou tel allèle était réellement avantageux. Son effet est le plus fort dans les petites populations, où le résultat aléatoire d'une seule génération peut faire varier considérablement les fréquences alléliques ; l'effet fondateur, lorsqu'un petit groupe fonde une nouvelle population génétiquement non représentative, et l'effet d'entonnoir (ou effet goulot d'étranglement), lorsque la taille d'une population s'effondre et que seul un sous-ensemble génétique aléatoire survit, sont tous deux des scénarios de dérive précis aux conséquences génétiques véritablement durables.
Le flux génique déplace la variation génétique entre populations, indépendamment de la valeur sélective locale
Le flux génique se produit chaque fois que des individus passent d'une population à une autre et se reproduisent avec elle, apportant leurs propres allèles dans un nouveau pool génétique, que ces allèles soient ou non réellement avantageux dans le nouvel environnement. Son effet global tend à homogénéiser les différences génétiques qui s'accumuleraient autrement entre populations séparées, ce qui peut directement contrarier l'adaptation locale : un allèle bien adapté à un environnement particulier peut se retrouver dilué ou submergé par un flux génique apportant des allèles issus d'une population adaptée à des conditions entièrement différentes.
Ce dont nous ne sommes pas encore sûrs
Le fait que la dérive génétique et le flux génique soient de véritables mécanismes de changement évolutif distincts de la sélection naturelle est un point bien établi et non controversé de la génétique des populations. Ce qui est réellement plus difficile, c'est de séparer l'effet de la dérive de celui de la sélection sur un gène précis au sein d'une population sauvage réelle — un problème empirique ardu, puisque les deux processus peuvent laisser des signatures statistiques globalement similaires dans les données génétiques. Les généticiens des populations continuent de débattre activement, dans le cadre de ce qu'on appelle généralement la théorie neutraliste de l'évolution moléculaire, de la part exacte de la variation génétique observée chez les espèces réelles qui est véritablement adaptative, portée par la sélection, par rapport à celle qui est effectivement neutre, portée principalement par la dérive — un débat qui demeure réellement ouvert plutôt que tranché.
Ceci fait partie de Mécanismes de l'évolution (dérive génétique, flux génique), l'un des sept sujets d'Évolution, l'un des six domaines de Biologie, l'une des dix-sept matières sur lesquelles l'application peut t'interroger.