La boucle d'habitude centrale de Snapchat est inhabituelle parmi les grandes applications, en ce qu'une grande partie de celle-ci ne concerne pas vraiment le contenu — il s'agit de ne pas perdre quelque chose que vous avez construit avec un ami précis. Cela en fait un genre différent de difficulté à bloquer : l'attrait n'est pas « il pourrait y avoir quelque chose d'intéressant », c'est « quelqu'un compte là-dessus ».
Ce qui rend vraiment Snapchat difficile à fermer
Les Snapstreaks suivent le nombre de jours consécutifs pendant lesquels deux amis ont échangé des snaps, et en perdre une après des semaines ou des mois semble mal proportionné par rapport à ce qui a réellement été perdu — un chiffre qui retombe à zéro, rien de plus. Cette disproportion est justement le but : elle transforme l'ouverture d'une application en une obligation envers une personne précise, ce qui est un moteur bien plus collant qu'une pulsion générique du type « vérifier le fil ». Les messages photo et vidéo éphémères ajoutent une seconde pression — du contenu construit pour être vu maintenant, parce qu'il ne sera plus là pour être vu plus tard — et Snap Map, qui affiche la position en temps réel des amis, ajoute une troisième chose : une habitude de vérifier non pas du contenu mais l'endroit où se trouvent les gens, ce qui a son propre attrait entièrement distinct des fils ou des streaks.
La solution intégrée à l'iPhone, et là où elle cède
Une limite d'application Temps d'écran iOS sur Snapchat fonctionne comme sur n'importe quelle application : un avertissement, un écran de verrouillage, et un seul bouton « Ignorer la limite pour aujourd'hui » qui efface la restriction en un geste, sans approbation distincte nécessaire, sauf si vous définissez vous-même un code Temps d'écran et que, naturellement, vous le connaissez. C'est véritablement efficace pour un parent qui verrouille l'appareil d'un enfant qui ne peut pas le déverrouiller. Sur votre propre téléphone, la même personne fixe la limite et détient la clé pour la lever — ce qui est un dispositif différent, bien plus faible.
La solution intégrée à Android, et là où elle cède
Le minuteur d'application de Digital Wellbeing grise l'icône de Snapchat à votre limite fixée et propose de la prolonger dès l'instant où vous appuyez dessus, sans période d'attente. Pire encore, pour le cas précis des streaks : un blocage par temps d'écran ne met pas en pause le compte à rebours d'une Snapstreak, donc une limite d'application qui tiendrait vraiment laisserait quand même une streak expirer — ce qui veut dire que l'outil le plus susceptible de faire quelqu'un contourner sa propre limite est la streak elle-même, exactement au moment où la limite est censée faire son travail.
Ce qui change quand le péage tient en trois questions
Mr. Grummel ne fait rien contre la streak elle-même — il n'essaie pas, parce qu'une streak est une affaire entre vous et un ami, pas entre vous et une icône d'application. Ce qu'il change, c'est le réflexe sous-jacent à la fois à la vérification des streaks et à celle de la carte : trois questions se dressent devant l'application, et y répondre prend quelques minutes de réflexion réelle plutôt qu'un coup d'œil. C'est suffisant pour distinguer « je dois envoyer un snap à cette personne précise aujourd'hui » de « j'ouvre Snapchat parce que mon pouce y est allé tout seul », ce qui est la majeure partie de ce qu'un minuteur ne parvient jamais à faire.
Une journée réaliste
En ce moment : un rappel de streak, ou juste l'habitude, ouvre Snapchat plusieurs fois par heure, la plupart du temps sans que ce soit vraiment pour entretenir quoi que ce soit, juste pour vérifier. Avec le péage en place : chacune de ces ouvertures se heurte d'abord à trois questions. Les jours où une streak compte vraiment pour vous, vous répondez aux questions et envoyez le snap — rien à cela ne change, et ça ne devrait pas. Les jours où ce n'était que du réflexe, les quelques minutes de réflexion suffisent généralement à remarquer qu'il n'y avait aucune vraie raison de l'ouvrir du tout.