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Bloqueur d'applications pour l'écriture d'une thèse

Une thèse n'a presque aucune structure externe sur la majeure partie de sa durée — pas d'échéance hebdomadaire, personne qui prend des nouvelles — ce qui est exactement la condition dans laquelle un téléphone l'emporte le plus souvent.

Le problème spécifique d'une thèse, c'est son échelle : elle n'est pas due la semaine prochaine, elle est due dans huit mois, ce qui signifie qu'il n'y a aucun coût immédiat à une seule après-midi perdue, et aucune après-midi perdue n'a jamais l'impression d'être celle qui comptait — jusqu'à ce qu'elles se soient discrètement accumulées en des mois de dérive et que l'échéance réelle soit soudain toute proche. Écrire une thèse est aussi un genre de travail singulièrement solitaire et ambigu — il n'y a pas de manager qui assigne la tâche du jour, juste un objectif vague et lointain, et une liberté totale sur la façon (ou si) d'aborder chaque jour. Cette absence de structure quotidienne est aggravée par le fait qu'un doctorat est souvent un travail véritablement isolant — une grande partie se déroule sans collègues à proximité, sans liste de tâches claire transmise par qui que ce soit, ce qui laisse une quantité inhabituelle de la direction réelle de la journée entre les mains d'une seule personne et de sa propre discipline, jour après jour, pendant des années.

Ce que vous avez sans doute déjà essayé

Des groupes d'écriture avec d'autres doctorants, une réunion avec le directeur de thèse utilisée comme échéance externe, des suivis de nombre de mots, un changement de lieu vers une bibliothèque spécifiquement pour éloigner le téléphone d'un accès facile. Ces méthodes aident réellement autour des points fixes — la réunion, la séance de groupe —, mais une thèse s'écrit surtout dans le vaste espace entre ces points, et c'est exactement cet espace non structuré où un téléphone comble le vide laissé par l'absence de toute autre structure. Un journal d'écriture quotidien ou hebdomadaire aide à construire une certaine visibilité sur la progression, mais consigner ce qui s'est passé ne change rien à ce qui se passe ensuite, et un journal qui montre trois journées improductives d'affilée ne fait souvent qu'ajouter de la culpabilité par-dessus le problème sous-jacent, sans fournir aucun mécanisme réel pour interrompre ce schéma à l'avenir. Certains départements organisent des groupes de responsabilisation informels où les étudiants se rendent compte de leur progression les uns aux autres régulièrement, et cela aide considérablement quand ces groupes existent et sont assidûment fréquentés, bien que la fréquentation elle-même entre souvent en concurrence avec les mêmes contraintes de temps que le groupe est censé aider à résoudre. Des points réguliers et peu formels avec un directeur de thèse, même courts, peuvent fournir une version de la structure qu'offrirait autrement un vrai lieu de travail.

Pourquoi les conseils de blocage génériques échouent précisément ici

« Fixez-vous un objectif quotidien de nombre de mots » vous donne une cible mais aucun mécanisme pour réellement l'atteindre les jours où la motivation est au plus bas, ce qui, pour un projet aussi long et aussi ambigu, représente la plupart des jours. Un objectif sans friction au point de distraction devient simplement une chose de plus dont se sentir en retard, ce qui, pour beaucoup de doctorants, aggrave un risque de burnout déjà réel plutôt que de résoudre le problème de concentration sous-jacent. Cela suppose aussi que la cible elle-même soit bien calibrée, mais pour un projet aussi long et aussi incertain, un nombre de mots quotidien fixe ne correspond souvent pas à la façon dont le travail se déroule réellement — certains jours sont faits de lecture et de réflexion sans un seul mot écrit, et une cible rigide qui n'en tient pas compte a tendance à être abandonnée plutôt qu'ajustée. La rédaction de thèse est aussi inhabituelle en ce que le « progrès » n'est pas toujours visible au jour le jour — lire, réfléchir et retravailler un argument dans sa tête ne produit pas de nombre de mots, ce qui rend une cible construite purement autour de la production décourageante certains jours qui étaient pourtant vraiment productifs d'une manière moins mesurable.

Où ça colle vraiment

Un blocage verrouillé par quiz convient bien à la longue traversée peu structurée de la rédaction de thèse précisément parce qu'il ne dépend pas d'une échéance imposée de l'extérieur pour fonctionner — la friction est présente un mardi ordinaire et anodin du quatrième mois tout autant que la semaine avant une réunion avec le directeur de thèse, ce qui compte énormément pour un projet qui a déjà si peu de mardis imposés de l'extérieur. Il s'adapte aussi naturellement à un projet sans date de fin fixe en vue sur la majeure partie de sa durée, puisque la friction ne dépend pas de l'urgence ou d'une échéance imminente pour continuer à fonctionner — elle est simplement présente chaque jour, les bonnes semaines comme les difficiles. C'est un soutien modeste et constant pour un projet qui se mesure en années plutôt qu'en semaines, ce qui compte, puisqu'un outil qui ne fonctionne que pendant de courtes bouffées de motivation n'est pas très utile pour un projet aussi long. Cette constance compte plus que l'intensité pour un projet mesuré en années, où s'épuiser tôt n'aide personne à finir plus vite.

Là où ça ne colle pas

Si le problème sous-jacent est un véritable burnout ou un véritable isolement plutôt qu'une simple distraction — une expérience réelle et courante dans un long travail de recherche solitaire —, aucun outil de blocage n'y remédie, et il vaut mieux en parler à un directeur de thèse, un service de conseil universitaire, ou un autre doctorant, plutôt que de supposer qu'une application de productivité réglera ce qui est en réalité un problème de bien-être. Le burnout et l'isolement chez les doctorants sont bien documentés comme des expériences véritablement courantes, pas des signes de faiblesse individuelle, et si l'un ou l'autre est présent, y remédier directement — via un directeur de thèse, un service de bien-être universitaire, ou un soutien entre pairs — compte plus que n'importe quel outil de productivité ne le fera jamais. Demander de l'aide tôt, avant que les choses ne deviennent ingérables, tend à produire de bien meilleurs résultats que d'attendre un point de crise. De nombreuses universités proposent aussi des consultations confidentielles spécifiquement pour les étudiants de troisième cycle, à utiliser bien avant qu'un point de crise n'arrive.

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